Larivière Laurent

Eté 2015

Laurent Larivière, un réalisateur sur le tapis rouge

Laurent Bouvier, alias Laurent Larivière, a présenté son premier long métrage Je suis un soldat au Festival de Cannes 2015, dans la catégorie « Un Certain Regard ».

 

  • Parlez-nous de votre parcours…

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    J’ai vécu à Valence jusqu’à l’âge de 18 ans avant de partir à Paris pour assouvir mon désir de cinéma. Je me souviens du Crac et de ses week-ends cinéphiles, du cinéma Le Palace aussi… à l’âge de 15 ans, le film de Leos Carax Mauvais sang fut une révélation mais je me disais que faire du cinéma n’était pas pour moi. Je me suis tourné vers le théâtre et je suis devenu assistant à la mise en scène. En parallèle, je lisais des livres sur la dramaturgie et écrivais des scénarios. Je travaillais un peu en cachette avec cette envie que je n’assumais pas. Puis un jour, j’ai décroché un rendez-vous avec une boîte de production et réalisé mon premier court métrage : L’un dans l’autre a été présenté dans une dizaine de festivals. A l’issue, j’ai eu le sentiment de ne pas avoir compris l’écriture cinématographique. J’ai arrêté d’écrire pendant un temps. Six ans plus tard, sortait mon deuxième film J’ai pris la foudre, de nombreuses fois primé.

  • Vous avez alors pris un peu plus confiance en vous.

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    J’ai compris ce que je voulais. L’enjeu de J’ai pris la foudre était de réussir à transmettre des émotions, des idées, une vision du monde par le biais de la mise en scène, presque sans dialogue. Pour moi, le sens et l’émotion doivent naître des images et de la collision d’une scène avec une autre.

  • Comment est née l’idée de ce premier long métrage ?

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    Je voulais parler de la honte sociale. Qu’est-ce que ça signifie d’avoir 30 ans, de monter à Paris, de s’être planté et de revenir chez sa mère ?

    Le trafic d’animaux est le cadre du film. Il a pris de l’ampleur au fur et à mesure de l’écriture avec mon coscénariste, devenant une allégorie de la cruauté humaine.

    J’ai écrit ce projet pour Louise Bourgoin avec qui je suis ami. Je lui ai soumis sans le lui dire. Elle l’a lu et adoré.

  • Le film est entièrement construit autour de l’ambiguïté des personnages…

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    Tous les personnages de cette famille ont une densité et une complexité à laquelle je tenais beaucoup. J’aime montrer les contradictions de la nature humaine et surprendre le spectateur. Le personnage de l’oncle est à la fois tendre et violent, manipulateur et vulnérable. Jean-Hugues Anglade lui apporte beaucoup de sensualité et de sensibilité, ce qui accentue le trouble.

  • Comment avez-vous vécu votre sélection officielle au Festival de Cannes ?

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    Je ne m’y attendais absolument pas. Sur les 1850 films du monde entier visionnés par le jury, Je suis un soldat faisait partie des six films français sélectionnés ! J’ai tout de suite pensé à mes 15 ans et au rêve inimaginable de faire du cinéma. Il devient réalité… c’est extrêmement émouvant. C’est aussi une reconnaissance de toutes ces années de travail et de persévérance.