Mayer Kévin

Juillet 2016

Kévin Mayer, nouveau porte-drapeau du décathlon

Entretien avec le futur vice-champion olympique de décathlon, Kévin Mayer (EA Rhône-Vercors/Valence top club), 24 ans, quelques jours avant son départ pour les JO de Rio*

Aux JO de Rio, en août 2016, Kévin Mayer a décroché la médaille d’argent, « explosé » le record de France et signé la 6e meilleure performance mondiale de tous les temps.

  • Vous vous êtes qualifié pour les JO fin mai, en terminant 2e du prestigieux décathlon de Götzis. Comment avez-vous vécu cette compétition ?

    Mal… Je n’avais pas bouclé de décathlon depuis un an suite à une blessure qui m’a privé des Mondiaux de Pékin, en 2015.

    Je n’étais pas vraiment en forme, j’avais peur de me blesser, ce décathlon m’appa­raissait comme une montagne à franchir… Ce ne fut pas une partie de plaisir, mais je l’ai fait et j’ai gagné le nombre de points nécessaires à ma qualification pour Rio. Cela a été un énorme soulagement…

  • C’est votre deuxième participation à des Jeux Olympiques. Quel(s) souvenir(s) gardez-vous de ceux de Londres, en 2012 ?

    Les JO, c’est un aboutissement, c’est le Graal que tous les athlètes souhaitent conquérir. C’est une compétition que l’on regarde à la télé étant petit. Se qualifier pour les JO, c’est grandiose…même si ce n’est pas une fin en soi.

    Les JO sont un événement tellement grand et, à Londres, mon expérience était telle­ment petite ! J’ai subi la compétition. 4 ans après, j’ai acquis l’expérience nécessaire pour l’aborder sereinement. Et je me suis préparé pour. Je sais que j’ai le potentiel pour décrocher une médaille olympique… mais pour cela, il va falloir bien négocier chacune des 10 épreuves.

  • Quels sont vos points forts… et les épreuves dans lesquelles vous êtes le moins à l’aise ?

    Mon point fort, c’est ma capacité à me hisser à la hauteur de l’événement. La pression me transcende. J’ai deux points faibles, le 400 et le 1 500 m ! Ces épreuves me font peur car elles sont synonymes de souf­france. Nous, les décathloniens, avons trop de masse musculaire pour être à l’aise sur ces distances, notamment sur le 1 500 qui, en plus, est l’ultime épreuve. Le sprint était un autre point faible, mais j’ai franchi un cap en passant sous la barre des 11 secondes aux 100 m. J’ai travaillé mon explosivité et cela va me servir dans toutes les épreuves… à l’exception du 1 500 m !

  • Vous êtes proche du record de France. Vous y pensez ?

    Quand je participe à une compétition, c’est pour faire une place, pas pour établir un record. Mais pour être médaillé aux JO, il faudra certainement battre le record de Christian Plaziat. Ce serait un grand honneur.

  • Lorsque vous n’êtes pas sur un stade, que faites-vous ?

    Du beach volley ! Et je passe du temps avec mes amis. J’ai arrêté mes études. J’ai tout mis de côté pour pouvoir concrétiser mon rêve olympique. Je suis exclusivement concentré sur le décathlon.

  • Vous vous entraînez au sein du pôle olympique de Montpellier, mais vous êtes licencié à l’EA Rhône-Vercors. Vous restez attaché à votre région ?

    J’ai commencé l’athlé à Valence. Y revenir, c’est me rappeler d’où je viens. Cela fait du bien. Je ne désire pas changer de club. J’aime cette région.