Fêtes de fin d'année : du solstice aux lumières

Les Féeries d’hiver accueillent un nombre croissant de curieux. Retour sur les célébrations de fin d’année à Valence…

Au début du XIXe siècle, les fêtes de fin d’année sont des moments profanes et familiaux. On y célèbre encore le solstice d’hiver et à Valence, les traditions provençales et du sud Dauphiné se mêlent. Dans un document anonyme, on trouve quelques indications des célébrations d’une famille paysanne : «  La veille de Noël mon père donnait une bonne ration de blé et une tranche de pain aux chevaux, et aussi aux pigeons. La veille de Noël on préparait un repas maigre sans oublier la tradition des treize desserts. On rassemblait ce dont on pouvait disposer : clairettes séchées au grenier, fruits secs que l’on appelait les mendiants, nougat... ».

Des fêtes privées…

C’est à partir du XXe siècle, et la loi de 1901, que certaines associations de la ville organisent des festivités à la salle des fêtes et à la salle Charenton. Les convives partagent un repas et assistent à des spectacles de chant, de danse ou de théâtre. La succession des réceptions et, semble-t-il, le laisser aller des invités, imposent petit à petit à la Municipalité de faire louer les salles pour anticiper les « frais de ménages et de réparations nécessaires ».  Dans les écoles maternelles et mixtes, les arbres de noël sont l’occasion de distribution de cadeaux et de friandises. En 1951, « chaque enfant recevait un sac de goûter comprenant deux oranges, deux nougats, trois gâteaux, deux chocolats et six papillotes. » Des jouets étaient également distribués comme des camions, tracteurs, autos de courses pour les garçons, des poupons, cerceaux, poupées et peluches pour les filles.

… aux fêtes communes

C’est véritablement en 1996 que les fêtes de fin d’année prennent une autre dimension. « Valence en lumière » est la première manifestation organisée par la Ville. Pour l’occasion, feux d’artifice, concerts, parades et illuminations sont de mises. La première phase du « Plan lumière » concerne le Pont Mistral, les montées de Ville, le Parc Saint-Ruf, l’Hôtel de Ville, les clochers des églises, les châteaux d’eau et la cathédrale. L’objectif est « d’instituer chaque année le 6 décembre un rituel de fête à Valence qui concrétise le début des fêtes de fin d’année », selon le rapport du Conseil Municipal. D’année en année, de nouveaux lieux s’illuminent puis la manifestation intègre l’image pour devenir « Valence Lumières et images en fête ». Celle-ci allie illuminations et animations visuelles, rendant hommage aux studios Folimages et à leurs créations. Depuis 2013, les Féeries d’hiver rassemblent des Valentinois toujours plus nombreux autour de nombreux événements.

1994

Pour faire rimer fin d’année, fête et solidarité, un collectif valentinois organise un événement pour soutenir l’action des Restos du Cœur.

Ce collectif composé du Foyer Laïque de Valensolles, Rutabaga connexion, l’Addim Drôme, la MJC du Polygone, le Tambour de la Chambelière et du service culturel de la Ville décide de proposer une soirée baptisée « Le Père Noël est un rockeur ». Le samedi 10 décembre, à la Halle Jean Bouin, six groupes de rock, métal voire punk, donnent un concert face à un public comblé. Particularité de la soirée : pour assister au concert, les 1 200 spectateurs ont dû s’acquitter du droit d’entrée « correspondant à un filet garni contenant des denrées alimentaires de 40 francs minimum ». Ce sont ainsi près de 3,5 tonnes de nourritures qui ont été recueillies soit 7 000 repas. La recette de la buvette a également permis de reverser 10 000 francs aux Restos du Cœur. Les musiciens et les techniciens sont intervenus bénévolement et tout le matériel scénique était fourni gracieusement. En 1995, l’opération fut réitérée avec le même succès.