1988 : la gare de look

Années 80 : le quartier de la gare s’asphyxie. Trois ans de travaux sont nécessaires pour le restructurer.

 Du 13 au 18 décembre 1988, le quartier Gare est en fête ! Toute une semaine d’animations avec expositions, concerts, spectacle pyrotechnique pour célébrer « une gare SNCF rajeunie et modernisée, vaste esplanade aménagée, parking souterrain, centre d’affaires, bientôt gare routière, nouveau plan de circulation, espaces piétonniers améliorés avenue Pierre-Semard. En quelques années, le secteur a pris un nouveau  look qui lui sied à merveille », écrit André Roux, journaliste au Dauphiné Libéré. Quatre ans plus tôt, il consacrait plusieurs articles à la future restructuration du quartier de la gare « Arlésienne depuis plus de dix ans déjà. »

Car la situation de ce secteur de la ville, qui regroupe alors « 30% du commerce valentinois, 1900 emplois » et par lequel transitent chaque année 1,2 million de voyageurs ferroviaires, est, selon un document de l’Agence d’études urbaines, en voie de dépérissement. « L’encombrement, résultant notamment des fonctions de transport, tend à asphyxier les autres équipements du centre : commerces, hôtellerie, loisirs, emplois. » Le quartier est engorgé. Circuler et y stationner relève du casse-tête. Des problèmes accrus par l’arrivée du TGV en gare de Valence, en mai 1982, avec 4 dessertes régulières dans le sens Paris-province et 3 dans le sens inverse, générant « 400 000 voyageurs de plus dès la première année. »

 

45 millions de francs

Dans un courrier adressé le 18 octobre 1984 aux riverains, le député-maire Rodolphe Pesce présente un projet qu’il qualifie de « cohérent, judicieux et supportable financièrement pour la Ville ». « Un programme de 45 millions de francs sur trois ans », écrit le Dauphiné Libéré.

Il consiste à :

-créer un parking souterrain à deux niveaux de 460 places sous le parcotrain existant, afin de proposer 250 places nouvelles de stationnement ;

-élargir la rue Papin dans sa partie sud entre la gare et le pont de la Cécile afin de créer un nouvel accès à la gare pour les automobilistes venant du sud ;

-prolonger le passage souterrain SNCF jusqu’à la rue Paul-Bert pour permettre aux piétons d’accéder à la gare et au quartier depuis l’est (Châteauvert et Génissieu) ;

-libérer la place de la Gare des voitures particulières pour la rendre aux piétons, terrasses de café… « seuls les taxis pourront y stationner » ;

-piétonniser l’avenue Victor-Hugo entre la rue Pasteur et les boulevards, réaménager les trottoirs de l’avenue Pierre-Semard pour la rendre plus attractive pour les piétons ;

-réaliser une gare routière sur le futur parking …

Seul regret d’André Roux, la nudité de l’esplanade : « Une œuvre d’art ou une fontaine en son centre l’aurait manifestement valorisée… »

Le saviez-vous ? Les gares de Valence et d’Avignon, édifiées à quelques mois d’intervalle, sont d’aspect très voisin. Elles sont l’œuvre du même architecte, Louis-Jules Bouchot, à qui l’on doit également les gares de Nice et de Toulon (source : Alain Balsan, Etudes drômoises, juin 2016)

  1866

Le 1er avril de cette année-là est inaugurée la gare de Valence, œuvre de Louis-Jules Bouchot, considéré comme l’un des architectes officiels de Napoléon 3. Sa façade en pierres de taille ajourée de grandes baies vitrées est inscrite au titre des Monuments historiques. Elle présente une grande ressemblance avec le petit Trianon de Versailles.

Les Valentinois ont dû patienter plus de dix ans pour avoir enfin une gare digne de ce nom. Car c’est en 1854 qu’est achevé le tronçon de chemin de fer reliant Valence à Montélimar ; l’année suivante est ouverte la ligne Valence-Lyon. Pas d’inauguration officielle : plutôt que d’investir dans des festivités, les élus du conseil d’administration de la Compagnie PLM font un don de 3000 francs aux « indigents. »

L’emplacement de l’embarcadère (nom donné à la future gare) fait l’objet de débats : le sud de la ville, là où se trouve aujourd’hui le parc Jouvet ? Le faubourg Saint-Jacques finalement jugé un peu trop excentré ? Le choix du site que l’on connait a pour objectif de permettre à « tous les quartiers de la ville »  de bénéficier d’une partie de « la prospérité qu’entraîne la voie de fer. »

 Sources : Archives communautaires