Le cimetière 

Durant l’Antiquité,
 les cimetières étaient relégués à l’écart des vivants. Le Moyen âge les ramène au cœur des cités, à l’ombre des églises. 
Les aristocrates et les ecclésiastiques élisent leur dernière demeure à l’intérieur même de l’église, sous
son dallage, tandis que les défunts
 du peuple sont enterrés à l’extérieur. Cette proximité avec les Saints, pensaient-ils, les emmènerait 
plus vite au paradis.
 Le XVIIIe siècle amène une évolution dans les mentalités et par souci d’hygiène, l’édit royal de 1776 proscrit toute inhumation à l’intérieur des édifices religieux, à l’exception des dignitaires ecclésiastiques. Le décret du 23 prairial an XII (12 juin 1804) dit « décret Chaptal », du nom du ministre de l’Intérieur, établit un règlement des cimetières, toujours actuel. Ils doivent être conçus et organisés pour accueillir les morts dans un site adapté, en dehors de la ville : situé en hauteur, clôturé, planté d’arbres et pouvant accueillir des concessions privatives.
Il est de la responsabilité du maire
 de chaque commune de mettre
 à disposition un terrain dédié.

Hors des villes

A Valence, en 1774, le cimetière attenant à l’église Saint-Jean est transféré à l’extérieur des murailles. 
Le nouveau cimetière Sainte-Catherine est installé quartier Saint-Jacques. Il est de nouveau déplacé en 1836, sur un terrain situé au-dessus de la butte du polygone d’artillerie, acquis par la Ville en 1822. Béni sous le vocable Saint-Lazare, le cimetière évolue et s'agrandit au fil des ans pour s’étendre jusqu’au boulevard Gustave André. En témoignent aujourd'hui les murs intérieurs délimitant les parcelles successives, et l'évolution de l’architecture funéraire : du caveau monumental en pierre de Crussol ou de Cavaillon, à la concession individuelle moderne avec stèle et dalle en granit.

Art funéraire

Le cimetière abrite des monuments d’architecture, propriétés de familles de la bourgeoise du XIXe siècle, inspirés du temple antique, de chapelles néogothiques, du sarcophage, de l’obélisque, de sculptures de femmes en douleur ou d’anges ailés... Un véritable art funéraire.

Le site actuel s’étend sur une superficie de 20 hectares et dispose de 12 000 concessions. Il accueille depuis 1993 un crématorium, entouré d’un columbarium (destiné au dépôt des cendres) et d’un jardin du souvenir, espaces réservés à la pratique de la crémation qui concerne un tiers de la population. Patrimoine à sauvegarder et à gérer durablement, le cimetière – 100 000 visiteurs chaque année – a fait l’objet de travaux de rénovation en 2016.

Source : Cimetière de Valence (Franck Doncques, responsable), Ville d’art et d’histoire

1902

« Frappées par la difficulté parfois très grande qu’on rencontre à retrouver une tombe au cimetière de la Ville, vos commissions du cimetière et des travaux publics, ont émis l’avis de vous proposer de donner des noms aux différentes allées », lit-on dans une délibération du conseil municipal du 13 juin 1902. Il est proposé d’une part de désigner les artères principales par une lettre (voie A, voie B, voie C... ) et les allées adjacentes par un numéro, et d’autre part que « les poteaux indicateurs portent, outre le numéro et la lettre, le nom d’un bienfaiteur décédé qui aurait fait des largesses soit à la Ville, soit à l’Hospice, soit à tout autre établissement. » Les noms de ceux qui ont fait les plus grandes offrandes étant attribués aux grandes allées, les noms de ceux qui ont moins donné, aux allées adjacentes. C’est ainsi que la majorité des 300 voies qui traversent le cimetière ont été baptisées. Parmi les bienfaiteurs honorés : Belat (don de 370 000 Francs), Monseigneur Milon, évêque de Valence (270 000 F), veuve Echallier (25 100 F) ou encore Melle Bérenger (1000 F).