Un véritable hôtel de Ville pour Valence

Volens Nolens »,
« L’Union fait la force »,
« être juste et ne rien craindre », « Simple et pratique», « La Lessive », « Paris-tunis », « Deux points rouges », « All Right »... en avril 1890, la Ville de Valence reçoit 77 projets aux noms les plus divers et fantaisistes, en réponse au concours d’architecture de l’Hôtel de Ville, lancé au niveau national.

Ils sont alors exposés au musée. Pendant plusieurs siècles, les institutions communales furent installées dans des locaux de fortune. En 1889, la municipalité dirigée par Maurice Clerc décide de détruire le couvent Sainte-Marie dans lequel les services municipaux sont installés, devenu trop vétuste, et de construire un Hôtel
de Ville sur le même emplacement.
Le projet « Alea Jacta Est » des architectes parisiens Paul Bischoff
et Henri Bertsch-Proust remporte le concours (ils construiront plus tard le lycée Emile Loubet). L’Hôtel de Ville est inauguré le 16 décembre 1894.

Inspiré des Hôtels de Ville du Nord

Sa construction s’inscrit dans le vaste mouvement de développement des mairies, symboles du pouvoir républicain sous la IIIe République, « grandes, belles et proclamatrices ». L’édifice valentinois adopte la silhouette d’un
« palais municipal », directement inspiré des hôtels de ville du Nord dont le beffroi central scande le rythme de la journée. Les pièces sont distribuées en secteurs d’activité, la façade est réservée aux pièces d’apparat : un escalier monumental conduit au premier étage où se situent la salle des délibérations, la salle des mariages, le « salon » du maire, le balcon pour les discours...
Mobilier et décor privilégient l’art du Moyen âge et de la Renaissance remis au goût du jour par Viollet-le-Duc : hauts plafonds peints à caissons, vitraux, cheminée et lustres monumentaux...

Décors d’origine

Ce décor illustre bien l’idéal moral et civique républicain au travers notamment de la déclinaison des lettres RF (République française) et SU (Suffrage universel), sur les murs et plafonds.

Il manifeste également une appartenance à une identité régionale : paysages de la vallée du Rhône, initiales entrelacées VDD (Valence Drôme Dauphiné), inscriptions des gloires locales sur les plafonds, bustes de diverses personnalités valentinoises

Sources : Ville d’art et d’histoire, article L’Hôtel de Ville de Valence - Hélène Moulin.

L’Hôtel de Ville a été retenu pour paraître dans l’ouvrage Les plus belles mairies de France, édité en 1995

1894

Fin du XIXe siècle. Afin de décorer les monuments publics, l’école des beaux- arts de Paris est régulièrement sollicitée pour créer des moulages de grandes sculptures antiques.

Les architectes de l’Hôtel de Ville de Valence lui passent commande. Surprise lors de l’ouverture des caisses de transport : les statues sont nues... Elles sont néanmoins disposées dans les quatre niches au sommet de l’escalier d’honneur. Dans cet Hôtel de Ville, lieu de représentation de l’autorité et de la moralité, l’installation de ces œuvres fait scandale. Le maire reçoit un courrier contenant une feuille de vigne, lui indiquant qu’il devrait savoir quoi en faire... signé par une certaine « Madame de la Chasseteté ». « On songea un instant à mettre aux moulages un petit pagne de zinc, finalement on les retira de la vue des pudibonds », rapporte André Blanc, dans un article du Dauphiné Libéré. Ils sont remplacés par quatre nouvelles statues représentant la Diane de Gabies, la Vénus Genitrix, Cérès et la Pudicité.