Les canaux

Canaux du Charran, de la Grande et de la Petite Marquise, des Malcontents nord et sud, de Flavie, du Thon, de l’Épervière… Les canaux constituent l’une des richesses écologique et touristique de Valence sur un réseau de 40 km, dont 17 à ciel ouvert. Alimentés par des eaux provenant du massif du Vercors, leur usage et leur exploitation depuis la période romaine jusqu'à aujourd'hui n'a cessé d'évoluer. Consciente des atouts de ce patrimoine naturel abritant une faune et une flore diversifiées, la Ville s’est engagée dans une démarche de protection des canaux.

Visualisez ou téléchargez le guide des canaux à l'attention des riverains.

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Ce document technique, réalisé en collaboration avec les partenaires, a été mis à jour et signé en juin 2019, à l'occasion de la fête des canaux.

  • Les origines

    Ce sont les eaux de pluie et la fonte des neiges du Vercors qui alimentent naturellement les canaux de Valence. Les eaux souterraines sont poussées à la surface par pression et forment une multitude de sources.

  • Son histoire

    Le nom de Valence proviendrait de trois mots celtes : « val » (eau), « len » (plaine) et « ty » (habitation) et signifierait « lieu habité riche en eau ». Valence, surnommée la petite Venise, doit en effet son existence non seulement à sa proximité avec le Rhône mais aussi à l’abondance de l’eau dans son territoire.

    Successivement, les Romains puis les ordres monastiques propriétaires de grandes parcelles ont exploité à leur profit ces cours d’eau qui finissent par rejoindre le Rhône.

    Dénommés « Charran », « Moulins », « Thon », « Malcontents », « Marquise », « Flavie », « Saint-Estève », « Robine », « Îles », « Épervière », ils ont longtemps constitué « la parure » de Valence. Ils représentent maintenant un réseau de près de 17 kilomètres de canaux principaux, estimé à 40 kilomètres en incluant les réseaux secondaires, et offrent 10 ha d’espaces verts dans la ville.

    Jusqu’au milieu du 19e siècle, les canaux se trouvaient en dehors de la cité alors fortifiée. La crainte des maladies que pouvait engendrer l’eau polluée ou stagnante, l’obstacle physique qu’ils pouvaient représenter pour le développement urbain purent les mettre en péril. Certains canaux furent même recouverts ou busés. Toutefois, des associations syndicales se constituèrent afin de réglementer l’usage de l’eau et d’assurer l’entretien des cours d’eau et de leurs berges.

    Dans les années 60, on prit conscience de la richesse biologique de ce patrimoine et de son intérêt urbain pour créer des cheminements piétons et des lieux de promenade et de détente. Un premier tronçon du canal des Malcontents est aménagé en 1980.

    D’autres suivront au fil des années, dans le cadre d’une concertation entre tous les acteurs.

    Ces aménagements écologiques permettent la sauvegarde, la protection et la valorisation de ce patrimoine naturel. Ces « veines bleues » irriguant Valence sont devenues un indéniable atout pour la ville.

  • Les usages

    La fondation de la ville de Valence remonte à la période antique.  On suppose que les romains ont canalisé les eaux naturelles descendant du Vercors. Cependant les premiers documents écrits attestant l’utilisation et la gestion des canaux datent du Moyen-âge. Les religieux utilisent et canalisent l’eau pour entraîner les roues de leurs moulins à huile, à moutarde, à blé... L’eau permet aussi d’irriguer les champs et les vergers grâce à un système complexe de dérivations et de vannes. Puis peu à peu, par manque d’entretien, de nombreux canaux vont se boucher et déborder de leur lit. Au 19e siècle, des quartiers entiers se transforment en marécages où stagnent de l’eau croupie favorisant les épidémies. Les habitants se plaignent des eaux sales qui infestent les lieux. Peu à peu, on décide de recouvrir une partie des canaux pour des raisons d’hygiène.

    Aujourd’hui, les canaux servent surtout arroser les jardins et les petits potagers privés. Des mesures de protection de la biodiversité sont mises en place pour protéger l’ensemble des animaux et des plantes qui vivent dans l’eau ou sur les berges.

  • Un patrimoine culturel

    Patrimoine culturel remarquable, les canaux de Valence, souvent non visibles, représentent un « petit » trésor non protégé est très fragile, et dont on ne prend vraiment conscience de la valeur qu’après sa disparition. Et pourtant ! Quelle richesse : fragments des anciens lavoirs qui attestent d’une activité domestique et sociale ; ouvrages hydrauliques qui présentent des vannes de différents types ; passerelles, récentes pour la plupart, mais qui peuvent avoir remplacé les anciens ponceaux ; fontaines, (dont celle des Malcontents ou celle du parc Jouvet sur le canal qui rejoint le ruisseau de l’Épervière) et même la roue rescapée d’un ancien moulin… autant d’éléments qu’il faut inventorier, protéger et valoriser.

  • Un patrimoine naturel

    Si les canaux communiquent entre eux, avec leurs berges, ils favorisent la circulation des espèces et les échanges génétiques. L’ensemble forment dans la ville une « trame verte et bleue », mesure issue du Grenelle de l’Environnement, qui consiste à préserver et restaurer les continuités écologiques dans les décisions d’aménagement du territoire.

     

     

     

    La trame bleue

    Au fond des canaux sont implantés des végétaux qui forment l’herbier aquatique :

    • Les mousses aquatiques (accrochées aux galets et aux parois).
    • Les algues diatomées (qui forment de fins filaments).

     

    La trame verte

    Le long des canaux, les trames vertes peuvent former une continuité composée d’arbres, de buissons, de plantes herbacées.

    Ces dernières symbolisent le retour d’une nature spontanée en ville. De plus, Valence, carrefour climatique, rassemble des plantes d’affinités diverses (méditerranéenne, atlantique, médio-européenne) ce qui favorise la richesse botanique.

    Notre regard doit reconnaître la valeur de cette « nature ordinaire » pour la préserver.

    Ces plantes sont à l’origine de chaînes alimentaires, ainsi telle espèce de papillon choisit une espèce végétale précise pour le développement de sa chenille.

    La vie animale

    La vie animale dans les canaux peut être représentée par certaines espèces emblématiques :

    La vie animale dans les canaux peut être représentée par certaines espèces emblématiques :

    • Les truites farios

    Carnivores, elles se nourrissent de petits poissons et de petits invertébrés, dont beaucoup sont végétariens, car les espèces végétales qui forment l’herbier aquatique sont le départ des chaines alimentaires. Les truites s’installent dans des repaires comme les cavités (sous rives) qui se forment sous les racines des arbres. Lorsque le rebord a un aspect naturel, elles se créent un territoire, s’abritent dans l’entrelacs des végétaux.

     

     

     

     

    • Les libellules et agrions

    L’agrion de Mercure présent dans certains canaux est qualifié « d’indicateur biologique ». Il signale la présence d’une eau fraîche, pure, calcaire, et riche en végétaux. Ses larves très sensibles à la pollution seraient décimées si la qualité de l’eau se modifiait même transitoirement, ce qu’une analyse d’eau ne pourrait mettre en évidence. C’est une espèce protégée en France.

     

     

     

    • Le crapaud accoucheur


    L'alyte accoucheur est un petit crapaud dodu faisant en général moins de 5 cm.Principalement actif au crépuscule ; hormis quand il doit aller mouiller ses œufs, le jour, il reste caché dans les fissures, dans les murs de pierres sèches ou sous le bois mort et ne sort qu'à la tombée du jour pour chasser. C’est une espèce protégée en France.

     

     

     

     

     

    • Le triton palmé

    Il s'agit plus petit des tritons : il ne mesure pas beaucoup plus de 9cm de long à l’âge adulte. Sa coloration peut être plus ou moins foncée mais reste dans les tons brunâtres. On peut le trouver dans presque tous les points d’eau stagnante de taille plus ou moins modeste : étangs, mares, ornières inondées, bras morts de rivière, abreuvoirs

     

     

     

     

     

    • La diversité des habitats permet la diversité de la flore et de la faune (biodiversité).
    • Dans le contexte valentinois, les jardins jouent le rôle d’annexes des canaux. Les petites pièces d’eau, sites qui communiquent avec les canaux, ont une importance capitale.
    • La trame verte et bleue guide les déplacements, permet les échanges génétiques évite qu’il y ait des populations isolées, donc fragiles.
  • Une nouvelle signalétique

    Afin de permettre aux Valentinois de (re) découvrir les canaux, la Ville a installé une nouvelle signalétique rues Faventines, du Maréchal-Joffre, Stendhal, Châteauvert, Jean-Clément, chemin de Laprat, squares Bonzon et Condorcet. Des totems illustrés, regroupant des informations historiques, techniques et environnementalesont été réalisés pour guider  Valentinois et touristes. Tous affichent un plan des canaux et les règles à respecter :
    - marcher à côté de son vélo
    - tenir son chien en laisse
    - ne pas nourrir les canards…

    RAPPEL :  Sur les 17 km de cheminements longeant les canaux qui s’écoulent à ciel ouvert, seule une partie est ouverte au public. Certains propriétaires privés ne souhaitent pas,
    pour leur tranquillité, en autoriser l’accès.

    Dans sa démarche de valorisation de ce patrimoine naturel et culturel,  la Ville achète des parcelles dès qu’elle en a l’opportunité… à condition de pouvoir constituer un tronçon
    susceptible d’être aménagé. Récemment, des travaux ont été réalisés le long du canal de la Petite Marquise : réfection des berges, création d’un cheminement et de deux passerelles… Suivront au printemps des travaux paysagers. Cette nouvelle promenade accueillera prochainement les Valentinois. Elle complètera un réseau d’une dizaine de kilomètres, particulièrement prisé des sportifs et de tous les adeptes de la marche à pied. En plus d'opérations ponctuelles d’aménagement et de « gros »entretien, la Ville se charge, entre autres, du nettoyage des cheminements (deux passages par semaine), de l’approvisionnement des distributeurs de sachets pour les déjections canines… mais aussi du nettoyage régulier des grilles.

    Par ailleurs, pour mieux connaître l’ensemble du réseau, elle alimente depuis plusieurs mois un système d’information géographique (SIG) qui doit recenser l’ensemble des canaux avec leurs caractéristiques. Parallèlement, une exploration du patrimoine est menée grâce à des financements de la Région, du Département et de l’Agence de l’eau pour découvrir des réseaux souterrains non encore repérés.