Antigone à Molenbeek & Tirésias

Théâtre

de 20:00 à 22:45

La Comédie de Valencee

Avec ce diptyque composé de deux monologues, Guy Cassiers transporte la cité de Thèbes du côté de la porte de Ninove, à Bruxelles. Une manière pour le metteur en scène d’inviter dans notre contemporain le potentiel subversif d’Antigone et de Tirésias, deux personnages importants de la mythologie grecque.

En 2016, peu après les attentats de Paris et de Saint-Denis, le monde entier découvre le nom de Molenbeek. C’est dans cette commune cosmopolite au nord-ouest de la capitale belge que l’écrivain Stefan Hertmans décide de planter son Antigone.

La jeune femme devient Nouria, étudiante en droit cherchant désespérément à enterrer son frère, mort en kamikaze après avoir rejoint Daesh. Cette confrontation entre éthique du deuil et logique administrative, Guy Cassiers l’adapte dans un mono-logue confié à l’actrice Ghita Serraj, qui dialogue au plateau avec des projections de son visage et le dernier Quatuor à cordes (n° 15) de Chostakovitch interprété en direct par le Quatuor Debussy.

C’est sur cette même musique que se déploie Tirésias, deuxième partie de ce diptyque. Avec la poésie abrasive de Kae Tempest, figure emblématique du spoken word, Valérie Dréville campe un Tirésias ado, trans, et radicalement contemporain.

Comme les deux faces d’une même pièce, Antigone et Tirésias nous rappellent qu’il n’y a pas d’âge, d’époque ou d’identité pour remettre en question l’autorité.